


Lors d'une rétention aiguë d'urine, c'est-à-dire lors d'une impossibilité totale d'uriner où la vessie continue de se remplir, il faut intervenir rapidement pour soulager le patient car c'est très douloureux et les complications seront plus fréquentes si la rétention persiste : infection urinaire, retentissement sur la paroi vésicale, sur les reins avec risque d'insuffisance rénale. La vessie est très bombée, distendue, elle forme ce que les médecins appellent un globe vésical qui peut remonter jusqu'au nombril.
Les deux gestes possibles sont le sondage urinaire ou la ponction sub-pubienne :
La technique consiste à débiter le tissu qui comprime l'urètre en petits copeaux puis à les évacuer. A cet effet, le chirurgien pratique une incision de quelques centimètres au-dessus du pubis. Pour procéder à l'ablation de l'adénome, il accède à la prostate en passant par la vessie ou en incisant la capsule prostatique qui entoure la prostate.
Les deux techniques donnent des résultats équivalents(8).L'opération est pratiquée sous anesthésie générale et nécessite une hospitalisation de 7 à 10 jours(7). Après l'intervention, une sonde vésicale est mise en place afin de permettre l'élimination des urines pendant que le tissu résiduel prostatique cicatrise.
L'adénomectomie modifie rarement la qualité des érections car seule la partie obstructive de la prostate, c'est-à-dire la partie centrale, est enlevée(8). L'incontinence, une complication rare, touche surtout les hommes qui présentaient déjà ce trouble urinaire avant l'intervention.
A la différence de la résection endoscopique, l'adénomectomie est une intervention chirurgicale ouverte, nécessitant une période de récupération plus longue. Les suites opératoires sont généralement plus douloureuses et il existe un risque d'infection et d'hématome au niveau de la paroi abdominale.
Votre urologue vous fera passer une visite de contrôle postopératoire afin de s'assurer que vous n'avez aucune complication de type infection ou saignement. Chaque année, vous devez passer une visite de contrôle durant laquelle votre médecin réalise un toucher rectal et un dosage de PSA(6). Notez que ces visites de contrôle peuvent également être effectuées par votre généraliste avec l'aval de votre urologue.
Sources :
(6) Debré B, Saïghi D, Peyromaure M. Tumeurs. Dans : Urologie. Masson Paris, 2004. pp. 48-50.
(7) Debré B, Saïghi D, Peyromaure M. Tumeurs. Dans : Urologie. Masson Paris, 2004. pp. 50-3.
(8) Colombel M. Le traitement chirurgical. Dans : Prostate, comprendre pour agir. Larousse 2007. pp 62-67
