L'Hypertrophie Bénigne de la Prostate

Prise en charge

Maladie bénigne, l'HBP peut néanmoins affecter sévèrement votre qualité de vie. En fonction de vos symptômes et des résultats de vos examens, votre médecin peut vous proposer plusieurs stratégies thérapeutiques :

  • Simple surveillance,
  • Traitement médicamenteux,
  • Geste chirurgical voire instrumental (non-chirurgical)

Si vos troubles urinaires sont bénins et sans véritable gène pour vous, il est probable que votre médecin vous propose une simple surveillance de l'HBP, par exemple sous la forme d'une visite de contrôle une fois par an(6). Ne négligez pas pour autant quelques mesures hygiéno-diététiques élémentaires, comme boire normalement pendant la journée et peu le soir.


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Si la simple surveillance ne suffit plus, votre médecin peut vous prescrire des médicaments pour soulager vos troubles urinaires. Son choix sera partagé avec vous et guidé par la taille de votre prostate, l'importance de vos symptômes, votre âge, etc. Deux classes de médicaments ont transformé le traitement médical de l'HBP(6) : les alpha-bloquants et les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase.

Les alpha-bloquants diminuent le tonus des fibres musculaires de la prostate et du col de la vessie. Ainsi, la partie de l'urètre qui passe dans la prostate se dilate, facilitant les mictions. Des chutes de tension lors du passage de la position couchée à la position debout et des vertiges sont des effets indésirables possibles. La prudence s'impose si vous prenez des antihypertenseurs(6) (contre la pression artérielle).

Les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase bloquent la transformation de la testostérone en dihydrotestostérone (DHT), entraînant une réduction du volume prostatique. Les effets indésirables sont l'apparition possible de troubles de l'érection et de la libido(6).

Outre les traitements médicamenteux, la phytothérapie, c'est-à-dire les extraits de plantes, peut soulager certains symptômes. Elle a l'avantage d'avoir peu d'effets indésirables.

Dans certains cas, votre médecin peut vous proposer une association de deux médicaments cités
ci-dessus.


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Lorsque le traitement médicamenteux n'est plus efficace ou en cas de complications répétées, comme des rétentions aiguës d'urine ou des infections urinaires, l'intervention chirurgicale s'impose. Le traitement chirurgical consiste à enlever du tissu prostatique pour que l'urine puisse à nouveau s'écouler normalement. Cette intervention peut se faire par voie endoscopique (par les voies naturelles à l'intérieur de la verge) ou par voie chirurgicale(7) (ouverture par le ventre).

Le traitement chirurgical

La résection endoscopique de la prostate est aussi appelée résection trans-urétrale. L'urologue introduit un endoscope dans l'urètre pour visualiser la prostate puis il enlève de petits copeaux de tissu prostatique obstructif(7) qui sont ensuite évacués et analysés en laboratoire. L'intervention se déroule sous anesthésie péridurale ou générale et nécessite une hospitalisation
de 4 à 6 jours(8).

L'adénomectomie par voie sus-pubienne(7), au contraire, concerne les prostates de gros volume.

> Consultez notre rubrique Traitements expliqués

Les complications de la résection endoscopique et de l'adénomectomie sont similaires. L'éjaculation rétrograde est la plus fréquente. Dans ce cas, une partie du sperme reflue dans la vessie lors de l'éjaculation. Les complications plus rares sont les hémorragies, les infections, les troubles sexuels et l'incontinence urinaire(7). Les récidives sont rares mais possibles et nécessitent parfois une nouvelle intervention.


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Des alternatives à ces techniques permettent de minimiser les troubles urinaires en intervenant sur le col vésical et sur l'urètre, sans toucher la prostate.

L'incision cervico-prostatique(9) vise à faciliter l'évacuation de l'urine en élargissant le col vésical, c'est-à-dire la jonction entre la vessie et la prostate, par une incision. Cette intervention se pratique par les voies naturelles, sans ouverture abdominale.

L'endoprothèse(9) est placée au niveau de l'urètre prostatique sous contrôle endoscopique. La prothèse, en forme de cylindre, maintient écartés les lobes de la prostate, diminuant l'obstruction de l'urètre. La pose d'une endoprothèse se fait sous anesthésie générale, locale ou péridurale. Cette solution est provisoire car elle comporte de nombreuses complications (infections urinaires, migration de la prothèse dans la vessie, formation de calculs, etc.).

La thermothérapie par micro-ondes et les lasers sont des techniques encore peu pratiquées en France en raison de leur coût élevé.

Sources :
(7) Debré B, Saïghi D, Peyromaure M. Tumeurs. Dans : Urologie. Masson Paris, 2004. pp. 50-3.
(8) Colombel M. Le traitement chirurgical. Dans : Prostate, comprendre pour agir. Larousse 2007. pp 62-67.
(9) Pfeifer P. Les alternatives à la chirurgie de l'HBP. Dans : Docteur, c'est la prostate ? Alpen 2006. pp 66-7.


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