L'Epilepsie
Prise en charge
L'objectif du traitement médicamenteux est de contrôler les crises avec le minimum d'effets indésirables possible.
(16) Outre le traitement médicamenteux, la prise en charge inclut également une information détaillée sur la maladie, des conseils d'hygiène pour votre vie de tous les jours et un suivi psychologique, en cas de besoin.

Certains facteurs peuvent favoriser la survenue de crises d'épilepsies : fièvre, abus d'alcool ou d'autres excitants, manque de sommeil, etc. Veillez à avoir une bonne hygiène de vie, ce qui inclut un rythme de sommeil régulier et l'abstinence vis-à-vis d'excitants comme l'alcool et le café. Si vous êtes photosensible, n'abusez pas de jeux vidéo, télévision ou ordinateur.
Les crises d'épilepsie font courir un risque au malade et à son entourage : accident de la voie publique, chutes dans les escaliers, noyades, etc. Pour cette raison, ne relâchez jamais votre vigilance dans la vie de tous les jours.
Le traitement des crises d'épilepsie repose en premier lieu sur des médicaments bloquant la décharge cérébrale électrique à l'origine des crises. Ces antiépileptiques sont divisés en deux grands groupes : les plus anciens ou « classiques » commercialisés avant 1990, et les « nouveaux » mis sur le marché après cette date.
Parmi les antiépileptiques classiques et encore utilisés, figurent notamment le phénobarbital, la phénytoïne, la carbamazépine, les benzodiazépines et le valpropate de sodium.
Le groupe des nouveaux antiépileptiques inclut, entre autres, le vigabatrin, la tiagabine, la gabapentine, la lamotrigine, le topiramate, l' oxcarbamazepine et le levetiracetam
Principe d'administration
Avant de débuter le traitement, le médecin doit s'assurer qu'il a posé le bon diagnostic. Pour choisir le médicament le plus adapté à votre épilepsie, il se base sur votre âge et votre sexe, le type de vos crises et la cause de votre maladie.
En règle générale, les médecins prescrivent d'abord un traitement comportant une seule molécule : la monothérapie. Ils en augmentent progressivement la dose pour atteindre le maximum d'efficacité en minimisant les effets indésirables.
(17) Si les résultats ne sont pas satisfaisants, le médecin peut prescrire un autre traitement ou associer le médicament initial à un autre antiépileptique. On parle alors de bithérapie. Si vos crises persistent en dépit d'un traitement bien conduit, votre médecin peut vous adresser vers un centre spécialisé.
Effets indésirables
Comme pour tout autre médicament, la prise d'antiépileptiques peut s'accompagner d'effets indésirables. Vous trouverez la liste de tous les effets indésirables sur la notice des médicaments. Ne vous laissez pas dérouter par la multitude d'évènements possibles ! Il s'agit d'une obligation légale imposée au laboratoire pharmaceutique qui commercialise le produit. Tous ces effets indésirables ne surviennent pas nécessairement chez un même individu.
Certains antiépileptiques peuvent provoquer une allergie cutanée
(18), avec apparition de boutons et de démangeaisons. Si une telle réaction se manifeste chez vous, informez en votre médecin. Il vous demandera peut-être d'arrêter la prise du médicament.
Un autre effet fréquemment rencontré avec les antiépileptiques est la fatigue. Surtout présente au début du traitement, elle s'amenuise généralement avec le temps et dépend de la dose. D'autres effets indésirables peuvent apparaître : perte ou prise de poids, tremblements, troubles de l'équilibre, troubles du comportement.
(19) Par ailleurs, des perturbations des paramètres de laboratoire (diminution des globules blancs, augmentation des transaminases.) peuvent être observées, nécessitant parfois une modification du traitement.
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Antiépileptiques et grossesse
L'utilisation d'antiépileptiques pendant la grossesse n'est pas sans danger. Ainsi, des anomalies de type bec de lièvre, fentes palatines ou anomalies cardiaques ont été observés chez 4 % des enfants de mères ayant pris des antiépileptiques au cours de la grossesse
(21). Pour cette raison, si vous souhaitez avoir un enfant et que vous êtes épileptique, il est important de consulter votre gynécologue et votre neurologue. Afin de mettre toutes les chances de votre côté, vous devez en effet préparer cette grossesse au moins 6 mois à l'avance.
Les traitements qui comprennent plusieurs médicaments font courir plus de risques que les traitements administrés en monothérapie. Si votre état le permet, votre médecin essaiera de ne vous prescrire qu'un seul traitement, à la plus faible dose possible. Par ailleurs, nous disposons aujourd'hui d'un traitement préventif qui pourrait limiter les risques de malformation pour le fotus. Il s'agit de compléments vitaminiques à base d'acide folique dont la prise doit débuter au moins 3 mois avant la conception et se poursuivre pendant le premier trimestre de la grossesse
(22).

Près de 10 à 20 % des patients ne répondent pas au traitement médicamenteux. Un traitement chirurgical peut être proposé à certains patients, notamment à ceux souffrant de crises liées à une lésion cérébrale localisée. Dans ce cas, l'ablation chirurgicale du foyer épileptique peut conduire à une amélioration des symptômes.
(23)Certains de ces patients n'ont plus de crises après l'intervention même si beaucoup d'entre eux doivent continuer à prendre des médicaments anti-épileptiques. Comme ce type de traitement nécessite des examens très spécialisés et un suivi étroit, il doit être réalisé dans des centres spécialisés en épileptologie.
La stimulation électrique intermittente du nerf vague peut être proposée à des patients qui ne répondent pas au traitement classique et chez qui une chirurgie classique est impossible. La méthode consiste à délivrer une stimulation électrique au niveau du nerf vague, sur son trajet le long du cou à gauche. A cet effet, un dispositif ressemblant à un pacemaker est mis en place dans la salle d'opération. Les complications sont minimes. Les effets indésirables incluent principalement, voix rauque pendant la stimulation et toux.
(24,25)


Sources :
(16) Caulin C. Epilepsie de l'adulte. Dans : Recommandations et pratique - 100 stratégies thérapeutiques référencées, Vidal, 2005, p. 365 - 74.
(17) Landré E. Quels sont les moyens pour traiter les crises d'épilepsie ? Dans : Epilepsies - Guide à l'usage des patients et de leur entourage. Bash, 2005, p. 86-8.
(18) Beers M. Epilepsie. Dans : Manuel Merck - 4ième édition, d'Après, 2008, p. 1822 - 34.
(19) Landré E. Quels sont les effets secondaires des médicaments ? Dans : Epilepsies - Guide à l'usage des patients et de leur entourage. Bash, 2005, p. 93.
(20) Beers M. Epilepsie. Dans : Manuel Merck - 4ième édition, d'Après, 2008, p. 1822 - 34.
(21) Beers M. Epilepsie. Dans : Manuel Merck - 4ième édition, d'Après, 2008, p. 1822 - 34.
(22) Landré E. Y a-t-il des précautions à prendre avant et après la grossesse ? Dans : Epilepsies - Guide à l'usage des patients et de leur entourage. Bash, 2005, p. 164
(23) Beers M. Epilepsie. Dans : Manuel Merck - 4ième édition, d'Après, 2008, p. 1822 - 34.
(24) Beers M. Epilepsie. Dans : Manuel Merck - 4ième édition, d'Après, 2008, p. 1822 - 34.
(25) Landré E. Qu'est-ce que le traitement par stimulation électrique du nerf vague ? Dans : Epilepsies - Guide à l'usage des patients et de leur entourage. Bash, 2005, p. 106.


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