En tant qu’acteur du système de santé français, l’industrie pharmaceutique contribue au financement et à la maîtrise des dépenses de soins en France.
Chaque année, lors du vote du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS), le Parlement fixe un taux d’évolution « autorisé » (taux K) du chiffre d’affaires des médicaments remboursables et rétrocédables(1), sur la base duquel seront évaluées les contributions dues par l’industrie pharmaceutique.
Deux solutions s’offrent au laboratoire pour le calcul de la contribution qu’il devra verser à l’Agence Centrale des Organismes de la Sécurité Sociale (ACOSS) : soit il signe une convention avec le Comité Economique des Produits de Santé (CEPS), soit il se voit appliquer le mécanisme de la clause de sauvegarde.
A/ Le mécanisme de la clause de sauvegarde :
La clause de sauvegarde consiste en un versement d’une contribution par chaque laboratoire lorsque son chiffre d’affaires hors taxe réalisé par les médicaments remboursables et rétrocédables s’est accru, par rapport au chiffre d’affaire de l’année précédente, d’un pourcentage excédant le taux K de progression défini dans la Loi de Financement de la Sécurité Sociale (LFSS)(2).
Ce taux n’est pas une prévision de l’augmentation du chiffre d’affaires, mais un seuil au-delà duquel le Parlement estime que des reversements sont dus. Le taux K a été fixé à 1,4% en 2008, et maintenu à ce niveau pour les années 2009 à 2011 dans le PLFSS 2009.
Le taux de contribution (50%, 60%, 70%) varie en fonction du dépassement du « taux K » et s’applique successivement à une tranche déterminée de supplément de chiffre d’affaires constaté par rapport à celui qui aurait résulté si le « taux K » avait été respecté(3).
B/ La convention avec le CEPS :
En 1994, le premier accord-cadre, conclu entre le CEPS et le Syndicat National de l’Industrie Pharmaceutique (SNIP devenu depuis le LEEM : Les Entreprises du Médicament) définit pour la première fois les règles de régulation du marché pharmaceutique. Depuis, quatre autres accords-cadres ont été signés : le dernier porte sur la période 2008-2011. Ces accords prévoient que chaque laboratoire peut signer avec le CEPS une convention exonératoire de la clause de sauvegarde. En contrepartie, le laboratoire signataire de la convention devra s’acquitter de remises conventionnelles.
Il existe trois types de remises : au niveau des produits, au niveau des agrégats thérapeutiques (un agrégat est un regroupement de classes thérapeutiques) et au niveau du chiffre d’affaires.
Le CEPS s’engage à ce que le montant total payé par les entreprises au titre de la convention ne soit pas supérieur à la clause de sauvegarde. En 2007, sur 178 laboratoires ayant commercialisé des médicaments remboursables en officine, 174 ont conclu une convention avec le CEPS(4)
Si les entreprises pharmaceutiques sont soumises aux impositions de droit commun, elles sont également assujetties au paiement de 13 taxes spécifiques (dont 11 significatives), affectées à l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS), à la Haute Autorité de Santé (HAS) et aux organismes de sécurité sociale(5).
En moyenne, les taxes spécifiques versées par les laboratoires pharmaceutiques représentent 4 à 5% de leur chiffre d’affaires.
Prélèvements spécifiques payés par les entreprises du médicament (en millions d'euros)

Sources :
(1) La rétrocession de médicaments est la dispensation par une pharmacie hospitalière à des patients non hospitalisés (en ambulatoire) de certains médicaments inscrits sur une liste établie par le Ministère de la Santé.
(2) Article L. 138-10 du code de la sécurité sociale.
(3) rapport JEGOU sur la taxation de l'industrie du médicament, commission des Finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation, 30 juin 2008
(4) Rapport d'activité du CEPS pour 2007, juillet 2008.
(5) rapport JEGOU sur la taxation de l'industrie du médicament, commission des Finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation, 30 juin 2008.
(6) Rapport d'activité 2007 de l'AFSSAPS.







