La France pourrait avoir de nouveaux déserts médicaux d’ici à 2030. En effet, une étude de la DREES publiée vendredi, estime que le nombre de médecins en France devrait encore chuter d’ici 2019 avec 188.000 praticiens en exercice, soit 10% de moins qu'en 2006. Cependant, grâce à la remontée du numerus clausus depuis le début des années 2000, le nombre de praticiens devrait recommencer à augmenter à partir de 2020 pour retrouver, en 2030, le niveau actuel (206.000). Malgré cela, la densité médicale resterait plus faible qu’aujourd’hui avec 292 professionnels pour 100.000 habitants en 2030 (contre 327 aujourd’hui), car dans le même temps la population française devrait augmenter de 10%.
Certaines zones actuellement sous-médicalisées (comme le Nord-Pas-de-Calais, la Lorraine, la Basse-Normandie et les Pays-de-Loire) se rapprocheraient de la moyenne, tandis que le Poitou-Charentes, le Limousin et l'Aquitaine passeraient d'une sous-population médicale à une situation bien meilleure que la moyenne. D’autres régions plutôt favorisées à l’heure actuelle, notamment le Languedoc-Roussillon et le Midi-Pyrénées, verraient leur situation s’inverser. L'équilibre entre généralistes et spécialistes, qui représentent chacun la moitié des médecins français, serait néanmoins respecté.
Néanmoins, d’après l’étude, la France va devoir faire face à une aggravation des déserts médicaux dans les campagnes et les banlieues défavorisées. Elle prévoit ainsi une diminution d’ici 2030 de 25,1% du nombre de médecins exerçant en zone rurale et de 10,5% dans les zones périurbaines. Seuls les grands centres urbains avec CHU - 29 en métropole - verraient le nombre de médecins progresser de 5,5% au cours des vingt prochaines années.
Retrouvez le rapport de la DREES :
http://www.sante.gouv.fr/drees/etude-resultat/er-pdf/er679.pdf
