Hôpital : des restructurations hétérogènes de 1995 à 2005
(04 février 2009)
Le privé a été davantage restructuré que le public en dix ans. C’est le constat fait par Dexia dans une étude récente publiée sous le titre : "10 ans de recompositions hospitalières en France". Cette étude dresse le bilan des opérations de recomposition hospitalière (fermeture, ouverture de service, fusion…) et de leur impact sur leur territoire de santé.
Entre 1995 et 2005, le nombre d’établissements de médecine, chirurgie et obstétrique est passé de 2067 à 1522 (soit une diminution de 26%) ; 60 % des établissements ont été impliqués dans une opération de recomposition pour un total de 195.354 lits en 2005.
- Les services les plus touchés sont l'obstétrique (180 opérations, dont 127 fermetures et 40 regroupements), avec un certain nombre de fermetures de petites maternités dans les « arrières pays » et des ouvertures dans les grandes villes et la chirurgie (1.098 établissements en 2005 contre 1.463 en 1995)
- Les recompositions ont été plus nombreuses et sont plus avancées dans le secteur privé à but lucratif puisque 51% des opérations de recomposition concernent ce type d’établissement alors qu’ils ne représentent que 41% de l’ensemble des établissements de santé. Le public et le privé non lucratif représentent respectivement 34% et 14% des recompositions, majoritairement des reconversions.
- L’impact de ces mutations a été le plus significatif sur les établissements privés commerciaux avec des augmentations de taille (65 lits en moyenne en 2005 contre 55 en 1995) et la fermeture d’un tiers des établissements (contre 4% dans le public). Il s’agit souvent de structures de très petite taille qui n’étaient ni viables économiquement ni fiables en terme de qualité des soins. Il s’agit de recompositions offensives dont l’objectif est la rationalisation et la rentabilité, alors que celles du secteur public ont été plus lentes et plus contraintes, notamment par les missions de service public qui lui sont dévolus.
Ces nombreuses recompositions sont très hétérogènes : en effet, il n’y a pas eu de logique territoriale ou nationale dans les restructurations du tissu hospitalier, celles-ci dépendant largement de la volonté des directeurs d’ARH.
Les auteurs de l’étude recommandent donc la mise en place d’une « carte hospitalière » au niveau national pour pouvoir coordonner et redonner une logique à ces restructurations, tout en déterminant des « exceptions territoriales » pour garantir une continuité et un accès aux soins à l’ensemble de la population, sans pour autant créer de financement spécifique.
Retrouvez la synthèse de l’étude de Dexia sur :
http://www.lefigaro.fr/assets/pdf/Hopital.pdf
et l’étude complète sur : http://www.dexia-clf.fr/jsp/perso/visiteurs/accueil.htm
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