La France réduit sa consommation d'antibiotiques
(25 novembre 2008)
La campagne de sensibilisation menée par le ministère de la Santé depuis 2002 a permis de faire chuter la consommation d’antibiotiques en France.

Lors d'un colloque organisé la semaine dernière à la Direction générale de la santé à Paris, Geneviève Chapuis de la Caisse nationale d'Assurance-maladie (Cnam), a annoncé que la France, pourtant le pays européen qui consommait le plus d’antibiotiques avec un des taux de résistance bactérienne les plus élevés, avait atteint son objectif de réduction de la consommation d'antibiotiques avec une baisse de 23 % en cinq ans, soit le meilleur résultat au sein de l'Union Européenne.
La mise en place d’un plan national ad hoc lancé par le ministère de la Santé en 2001 et articulé autour de trois axes a permis ce succès :
- la sensibilisation du grand public, avec le fameux slogan «les antibiotiques, c'est pas automatique». Avant 2001, les médecins subissaient une forte pression de la part de leurs patients pour obtenir une ordonnance d'antibiotiques, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. En effet, avant les campagnes de sensibilisation, les Français étaient 37% à attendre une prescription d’antibiotiques, contre seulement 23 % aujourd’hui. Un autre résultat extrêmement parlant est la proportion de parents espérant une ordonnance pour leur enfant malade : elle était de 45 % avant 2001 contre seulement 25 % actuellement. Grâce à cette campagne, la consommation d’antibiotiques chez les enfants a diminué de 35%.
- la mise à disposition de tests de diagnostic rapide des angines pour vérifier leur origine virale ou bactérienne, permettant aux médecins d’expliquer à leurs patients, preuve à l’appui, que la prise d’antibiotiques n’est pas toujours justifiée.
- une action ciblée vers les médecins «gros» prescripteurs d'antibiotiques. Ainsi, le dialogue entre médecins «gros» prescripteurs d'antibiotiques et la Cnam a commencé dès 2002, avec l'organisation de tables rondes régionales puis de sessions de formation à l'utilisation des tests rapides d'angines. Enfin, entre septembre et décembre 2007, des délégués de l'Assurance-maladie ont rendu visite aux médecins ciblés pour leur rappeler les recommandations du plan national.
Ce plan s’est révélé très efficace et a contribué à déconstruire les croyances et attitudes du public vis-à-vis des petites maladies hivernales, souvent d’origine virale.
Le résultat de cette campagne, dont le coût est évalué à 500 millions d'euros, a été probant : d’après la CNAM, la consommation d’antibiotiques en France a reculé de 6,3% au cours de l’hiver 2006/2007 contre -4,6% l’année précédente, ce qui montre un changement en profondeur. De plus, la résistance des microbes aux antibiotiques a notablement baissé : la proportion de pneumocoques résistants à la pénicilline est passée de 47 % en 2001 à 34,5 % en 2005. De même, dans les hôpitaux, et aussi en partie grâce aux mesures d'hygiène, le taux de staphylocoque doré résistant à la méthicilline est passé de 33,4 % en 2001 à 26,7 % en 2006.
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