L'année 2006 a vu les dépenses de santé croître de 2,7%, soit la croissance la plus modérée de ces dix dernières années.
A raison de 3138 euros par habitant, le montant total des dépenses de santé en France s'élève à 198,3 milliards d'euros en 2006. Il comprend à la fois la consommation de soins (qui atteint 2477 euros par Français), les indemnités d'arrêt de travail, la recherche, l'enseignement médical, la prévention collective et la gestion du système de santé.
Cette somme représente 11,1% du Produit Intérieur Brut (PIB) contre 11,2 % en 2005. Elle est donc en baisse légère, mais la France demeure au 3ème rang des pays membres de l'OCDE derrière les Etats-Unis (15,3% du PIB) et la Suisse (11,6% du PIB). D'ailleurs, comme les dépenses de santé s'élevaient en 2005 à 190,5 milliards d'euros, cette baisse de 0,1 point serait plutôt à attribuer à une plus forte croissance du PIB français en 2006 ainsi qu'à une baisse importante des prix de certains médicaments.
En effet, si la consommation de médicaments est en hausse (+5,4% en volume), leurs prix ont chuté de 3,7%. Cette diminution s'explique par les baisses de tarifs imposées par l'Etat et par le développement continu des génériques.
On peut aussi noter que la prise en charge de ces dépenses par la Sécurité sociale régresse de 0,2%, passant de 77,2% en 2005 à 77% en 2006. La hausse du forfait hospitalier et la baisse du taux de remboursement des consultations effectuées hors parcours de soins expliquent cette baisse, permettant des économies pour le système de santé estimées à quelque 150 millions d'euros. Malgré tout, si la part de la Sécurité sociale reste relativement stable - du fait notamment d'une hausse des assurés pris en charge à 100% - ce recul montre un premier signe de désengagement de la part de l'Etat en faveur des complémentaires et des ménages eux-mêmes. Dernière mesure en date dans ce sens : l'augmentation du ticket modérateur à 50% laissé à la charge des patients qui n'auraient toujours pas choisi de médecin traitant et qui consultent ainsi hors du parcours de soins.
Et c'est sans compter les futures franchises dont les modalités ne seront véritablement connues que lors de l'examen par le Parlement du prochain Projet de loi de financement de la sécurité sociale au mois d'octobre prochain.
