D'après le quotidien Le Parisien du 19 février dernier, les Français seraient de plus en plus nombreux à utiliser Internet comme source d'informations pour leur santé et celle de leurs proches. Ainsi, selon le baromètre Cercle Santé société, 31% des Français surferaient plus ou moins régulièrement sur Internet pour y trouver des informations relatives à leur santé.
Afin de mieux comprendre ce nouveau phénomène sociétal, l'INSERM a lancé une vaste enquête depuis novembre 2006 afin d'analyser les pratiques du grand public à la recherche d'informations en matière de santé sur internet.
Le fait que les Français s'informent de plus en plus sur leur maladie ou celles de leurs proches n'est pas sans conséquence sur les relations qu'ils peuvent entretenir avec leur médecin. Ainsi, il n'est plus aujourd'hui rare de voir des patients arriver au cabinet de leur médecin en s'étant déjà considérablement renseignés sur les symptômes qu'ils ressentent ou bien de voir les patients aller sur la toile après avoir consulté leur médecin pour recouper, comparer les informations reçues.
Si ce nouveau comportement des patients peut irriter certains médecins parfois sourcilleux à l'idée de partager leur savoir médical, il nous semble au contraire que ce nouveau moyen d'information est de nature à permettre un meilleur équilibre de la relation patient médecin. Etant en position de questionner davantage, de comparer entre ce qui lui est dit et les informations qu'il a pu trouver sur le net, le patient devient davantage acteur de son parcours de soins.
A condition bien entendu que celui-ci puisse trouver une information médicale sérieuse et de qualité sur le web. Ce qui n'est pas toujours le cas. D'où le travail actuellement mené par la Haute Autorité de Santé (HAS), créée par la loi du 4 août 2004 et qui a été chargée par le législateur de la certification des sites Internet grand public sur la santé. Face à l'ampleur et à la difficulté de cette mission, la HAS s'orienterait vers un partenariat avec le label HON (Health on the Net) déjà existant afin d'inciter les concepteurs de sites à respecter certaines bonnes pratiques. Il s'agirait aussi de publier une série de recommandations à destination des usagers en les incitant entre autres choses à se méfier des forums sans modérateur où peuvent circuler les informations les plus fantaisistes.
En l'absence de liste officielle des sites fiables et en attendant la fin des travaux de la HAS, trois sites Internet peuvent d'ores et déjà être distingués, notamment par leur fréquentation: le premier www.doctissimo.fr comptabiliserait près de 950 000 visiteurs quotidiens, suivi par www.e-sante.fr et www.aufeminin.com. En décembre 2006, selon les données de Médiamétrie, 4 305 000 personnes auraient consulté au moins une fois au cours du mois le site www.doctissimo.fr.
A quand une prise de pouvoir des patients sur les médecins grâce à Internet ?
Il faut à ce sujet rester extrêmement prudent. Certains médecins s'inquiètent parfois à juste titre de la popularité croissante de ces sites Internet et de la confiance aveugle que certains patients peuvent leur vouer. Chaque patient doit donc continuer à exercer son esprit critique et ne pas oublier que les sites Santé doivent ne demeurer qu'un outil parmi tant d'autres pour mieux gérer leur santé. Ils ne sauraient aucunement remplacer la relation privilégiée ou le « colloque singulier » qui existe entre un patient et son médecin.


