Le « Bulletin hebdomadaire d'épidémiologie », du 07/02/006, consacre un numéro thématique à la santé des personnes âgées. Au sein de ce numéro, Dominique POLTON, de la Caisse nationale d'assurance maladie et Catherine SERMET de l'Institut de recherche et de documentation en économie de la santé, insiste plus particulièrement dans leur article sur le lien entre le vieillissement de la population et l'accroissement des dépenses de santés, la structure de cet accroissement et la soutenabilité de celui-ci pour notre système de protection sociale.
Cet article insiste sur les divergences d'avis concernant l'impact du vieillissement de la population, prospective faisant l'objet d'opinions pour le moins contrastées. Pour les uns, les évolutions démographiques seront insupportables pour les finances publiques et feront, à terme, exploser notre système de protection sociale. Pour les autres, l'avis des auteurs tendant plutôt vers cette opinion, « le vieillissement de la population n'aura qu'un impact très limité et très supportable sur les dépenses de santé ».
En effet, les projections démographiques sont sans équivoques : le poids démographique des personnes âgées de plus de 65 ans passerait de 16% en 2000 à 25% en 2030 et 29% en 2050 ; celui des plus de 85 ans de 2% à 4% et 8% respectivement.
Sans nier les effets quasi-mécaniques de ce vieillissement sur les dépenses de santé, les auteurs, sur la base de simulations réalisées à partir des remboursements de l'assurance maladie, estiment que le vieillissement de la population a eu un impact de 0.5% par an sur l'augmentation des dépenses au cours de la décennie 1990 et que cet impact devrait être de 0.7% par an sur la période 2000-2020.
Ce n'est pas tant l'augmentation des effectifs des plus de 65 ans qui pèse sur les dépenses que l'usage que ces personnes font du système de soins, le recours aux soins des personnes âgées augmente plus rapidement que celui du reste de la population. Plus qu'un « effet âge », il faut parler d'un « effet de génération » : les nouvelles générations de personnes âgées consomment relativement plus de soins que les générations précédentes, alors que, toutes choses égales par ailleurs, elles ne sont pas en plus mauvaise santé qu'auparavant. Mais les études montrent que « l'évolution des soins médicaux aux personnes âgées s'explique par l'accroissement de la consommation des personnes en bonne santé, beaucoup plus que des personnes en mauvaise santé. ».
Dans ces conditions, l'augmentation des dépenses n'est pas une fatalité et il est possible de réguler les dépenses. C'est pourquoi dans leur conclusion les auteurs posent la question :
« Quels progrès accepter de financer collectivement, pour quels résultats ? Quelle est l'utilité des soins fournis ? Cette question ne concerne pas que les personnes âgées, mais le « vieillissement ne fait que l'exacerber ».
Il faut éviter de mettre sur le dos du vieillissement des questions de choix publics qui traversent l'ensemble du système de santé, si l'on veut clarifier le débat sur ces questions.
Pour de plus amples explications et pour accéder à l'intégralité de l'étude :
http://www.invs.sante.fr/beh/2006/05_06/beh_05_06_2006.pdf

"en fin de compte le vieux c'est celui qui n'attend plus de la vie... (M.Diouf)"
Tout à fait d'accord ... et cela corrobore mon post précédent ! Est-ce qu'aujourd'hui, le mec qui part à la retraite à 60 ans voire moins n'attend plus de la vie ? On ne peut décemment pas le penser ... au contraire, les "Séniors" la croquent à pleine dent, sont hyperactifs et donc pas "vieux" ni au sens métaphysique, et ni au sens physique (pour revenir au sujet), précisemment grâce aux évolutions sanitaires qui pèsent sur la structure démographique ...
En fait, l'affirmation "plus de vieux" est beaucoup trop générale ... il y a plus de séniors, dynamiques et en relative bonne santé, et également plus de personnes âgées en moins bonne santé ...
Continuer à considérer le "vieux" dans ce sens trop général, c'est l'assurance de voir rapidement la fin de notre système de protection sociale, surtout au regard des progrès incessants de l'espèrance de vie (si dans un siècle elle se porte à 120 ans, faudra-t-il toujours une retraite à 60 ans ... ? ) ... alors que faire travailler un peu plus longtemps les séniors serait une solution raisonnable par rapport à leur dynamisme (et hyperactivité constatée dans les 10 / 15 premières années de leur retraite) et permettant de faire face aux dépenses de santé accrues par rapport à l'augmentation du nombre de "vieux" ...
en résumé, le progrès sanitaire augmente l'espérance de vie et la santé de la population mais elle sera bien obligée rapidement de rentrer dans la boucle en travaillant pour financer les dépenses en médicament de ce progès sanitaire, sous peine autrement de ne plus en bénéficier et que ce dernier régresse ... un cercle vertueux ou vicieux ... à chacun de voir !

