Lire l'intéressant article de Bernard Kouchner dans le Figaro du 02 novembre 2005.
La menace de grippe aviaire qui plane aujourd'hui sur le monde suscite en nous des angoisses légitimes et des interrogations profondes, qui en appellent aux peurs ancestrales de la peste et à la fatalité d'un fléau naturel. Nous voilà de nouveau confrontés à la fragilité de la vie et à la faillibilité des sciences médicales. Pourtant, au-delà de l'inévitable et de l'intemporel, la crise qui nous est annoncée pose des questions politiques difficiles, révélatrices d'enjeux essentiels de notre époque, et auxquelles il nous faut absolument répondre. A la mondialisation de la fatalité doit faire écho une globalisation des réponses.
Les questions qui nous sont posées ont trait à la gestion du risque et à la manière dont nous sommes capables de réagir à une menace prévisible dans son principe, mais imprévisible dans son occurrence et ses modalités, faute de certitude scientifique. Elles concernent ensuite notre capacité à organiser la solidarité mondiale face à un fléau planétaire, dont le traitement ne saurait se faire efficacement de manière isolée. Elles se rapportent enfin à notre politique de recherche.
