Le médicament a été ces derniers temps dans la tourmente : ralentissement de l'innovation, « blockbusters » tombés dans le domaine public, mauvaise image de l'industrie pharmaceutique, réforme du système de protection sociale. Malgré tout, le médicament fait preuve de dynamisme, notamment avec le développement des biotechnologies dont les promesses sont considérables. Les biotechnologies jouent un rôle de plus en plus important dans le secteur de l'industrie pharmaceutique. « Plus de 50 % des nouveaux médicaments en sont désormais issus, notamment les plus innovants », observe Philippe Pouletty, président de France Biotech, l'association française des entreprises de biotechnologie et de leurs partenaire.
Qu'est-ce que les biotechnologies ? Elles peuvent se définir comme l'ensemble des techniques issues principalement des sciences de la vie et qui utilisent des organismes vivants ou leurs composants cellulaires, recombinés ou non, pour produire des biens ou des services pour la recherche et l'industrie. C'est un domaine transversal trouvant ses applications principales dans divers secteurs tels que la santé, l'agronomie, l'alimentation, la chimie, l'énergie et l'environnement. 80 % des sociétés de biotechnologies se positionnent aujourd'hui dans le domaine de la santé.
Les biotechnologies sont attrayantes : produits à forte croissance de chiffre d'affaires, médicaments innovants pouvant lutter contre les maladies graves. L'Industrie pharmaceutique l'a bien compris. Alors qu'on assistait à une concentration des sociétés pharmaceutiques entre elles, aujourd'hui, on note des partenariats massifs entre les big pharma et la biotechnologie, c'est le « corparate venture ».
Cette alliance est la bienvenue, compte tenu de la nécessité de consacrer des investissements massifs pour atteindre la profitabilité. Il faut environ 250 à 600 millions d'euros, 10 à 15 ans pour développer un nouveau produit et moins de 10 ans pour l'exploiter. La recherche externe s'avère nécessaire pour découvrir des molécules innovantes, essentielles pour leur compétitivité.
En quatre ans, le nombre de sociétés a plus que doublé en France ; 240 entreprises ont été dénombrées. 87% de ces sociétés sont issues ou sont liées à un établissement de recherche publique (INSERM, CNRS, Institut Pasteur et les universités).
Toutefois, les sociétés de biotechnologies sont moins développées en France qu'aux USA. Les Etats-Unis est un pays pionnier où l'industrie biotechnologique à vingt ans d'avance sur la France. Sur les 300 biomolécules faisant l'objet d'essais cliniques en phase III dans le monde, 80% sont développées par des laboratoires américains aux Etats-Unis, 53 produits sont actuellement recensés pour l'Europe, dont 23 pour le Royaume-Uni, 11 pour la Suisse et un seul pour la France (« La place des biotechnologies en France et en Europe, rapport de Jean-yves Le Déaut, Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, 2004).
Pour rattraper le retard de la France, certaines mesures ont été adoptées : accroissement des soutiens financiers, création de pôles compétitifs, développement de partenariat franco-europoéen et incitations fiscaux.. Le Premier Ministre a annoncé, il y a quelques jours, l'augmentation de la dotation de l'Agence de l'innovation qui s'élèvera à un milliard d'euros et 350 millions d'euros seront consacré à la mise en réseau du secteur public et les industries pharmaceutiques.
La capacité d'innover se trouve dans les biotechnologies et «l'avenir de la pharmacie passera par une personnalisation accrue des traitements », selon Jean-Pierre GARNIER, Président de GSK. « Il est essentiel de trouver des solutions originales pour continuer à se développer et les biotechnologies font parties de ces solutions. Nous sommes déteminés à réussir dans ce domaine».
Source :
« Industrie et économie du biomédicament », Bernard BANGA, DECISION SANTE - Juin-Juillet 2005
« les groupe pharmaceutiques toujours plus actifs », Chantal HOUZELLZ, LES ECHOS, 29/06/2005


